Ce film retrace les onze derniers jours de Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie assassiné le 16 octobre 2020 à Conflans-Sainte-Honorine par un jeune djihadiste tchétchène, après avoir été la cible d’une campagne de diffamation sur les réseaux sociaux à la suite d’un cours consacré à la liberté d’expression au cours duquel il avait présenté des caricatures de Mahomet. Inspiré notamment de l’ouvrage Les Derniers Jours de Samuel Paty de Stéphane Simon, paru en avril 2023, le film s’attache à restituer avec sensibilité et précision le contexte ayant conduit à ce drame qui a profondément marqué la société française. Présenté hors compétition au Festival de Cannes 2026, il propose une réflexion à la fois humaine et mémorielle sur les événements qui ont précédé cette tragédie.
On ressort de ce film profondément sonné, triste et révolté.
Sonné par cet enchaînement de haines né d’un mensonge qui a coûté la vie à un homme.
Triste de voir un homme partir, et plus encore de cette manière, victime d’une violence aussi absurde qu’injustifiable.
Révolté par cette succession d’abandons.
- D’abord, celui de deux de ses collègues enseignants, qui l’ont laissé seul face à la tempête. Leur attitude apparaît aujourd’hui comme une défaillance douloureuse, dont il est difficile d’imaginer qu’elle puisse être regardée avec sérénité.
- Ensuite, celui d’une police débordée, mobilisée sur d’autres urgences, alors même que les réseaux sociaux laissaient apparaître les prémices de la haine qui se construisait autour de ce professeur
- Enfin, celui d’une institution qui semblait se perdre dans les méandres de sa propre hiérarchie, prisonnière de procédures et de niveaux de décision multiples, au point d’en oublier parfois l’essentiel : l’humain.
J’ai beaucoup aimé ce film, tant par son sujet que par la manière dont il est réalisé. La mise en scène épouse le déroulement des événements avec la sobriété d’un reportage. Mais, à la différence d’un simple documentaire, elle nous rapproche des personnages, nous attache à eux et nous permet de mieux comprendre cette histoire que beaucoup d’entre nous n’avaient connue qu’à travers des fragments d’informations, en octobre 2020.
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Les acteurs sont d’une justesse remarquable. Leur interprétation est si sincère que l’on en vient parfois à oublier qu’il s’agit d’une reconstitution. Cette impression est encore renforcée par la réalisation, qui donne au récit une authenticité saisissante.
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Ce film me paraît indispensable. Il devrait être vu au sein de l’Éducation nationale, par les futurs lycéens et collégiens, mais aussi par tous les citoyens. Non pour entretenir une quelconque polémique, mais pour comprendre comment une telle tragédie a pu devenir possible.
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À aucun moment, ce film ne peut être accusé de racisme ou de récupération. Il raconte des faits. Tout commence par un mensonge, un mensonge qui a réellement existé. Puis ce mensonge est relayé, amplifié et utilisé pour nourrir une haine sans fondement. Au milieu de cette mécanique destructrice se trouvait un enseignant qui ne faisait que son métier et appliquait les principes pédagogiques qui lui étaient demandés. Et cette spirale a finalement conduit à l’assassinat de Samuel Paty, une mort d’une violence inouïe, qui demeure une blessure profonde pour notre société.