Juste une illusion une quasi histoire familiale

Nous sommes en 1985. Vincent, bientôt 13 ans, grandit en banlieue parisienne au sein d’une famille juive sépharade de classe moyenne. Entre un grand frère distant et des parents en conflit permanent, il traverse cet âge fragile où l’on n’est « déjà plus » un enfant sans être « encore » un adulte. À travers lui, le film explore avec finesse les questions d’identité, d’amitié, de famille, de religion, de désir et des premiers élans amoureux.

Dès le générique, le ton est donné : Just an Illusion du groupe Imagination nous replonge instantanément dans les années 80. En quelques notes, le spectateur est transporté quarante ans en arrière.

Tout au long du film, le souci du détail est remarquable. Rien n’est laissé au hasard : les logos, le bus vert 171 de la RATP, la Renault 30, les vêtements, les coiffures, le style des personnages, mais aussi des références comme « La Valise RTL », NRJ, SOS Racisme ou encore François Mitterrand. Chaque élément contribue à recréer une époque avec une précision impressionnante, sans jamais donner l’impression d’un décor approximatif. Nous sommes bien dans les années 80.

Juste une illusion une quasi histoire familiale

Les acteurs sont tous remarquables :
- Vincent Dayan , à l’aube de devenir un homme, du moins sur le plan religieux : Simon Boublil
Arnaud Dayan , le grand frère, en rébellion mais profondément attachant : Alexis Rosensthiel
Sandrine Dayan, la mère, déterminée à s’émanciper de sa condition de secrétaire ; Camille Cottin
Yves Dayan, le père, discret, presque effacé, en cadre au chômage dissimulé : Louis Garrel
Monsieur Bergé, le concierge, charmeur et gouailleur : Pierre Lottin

Impossible pour moi de rester indifférent à ce film, tant il résonne avec ma propre histoire. J’y ai retrouvé des fragments très personnels : la vie en cité en région parisienne, à Saint-Denis, le partage d’une chambre avec mon frère André (paix à son âme), mes premiers vêtements « de marque », l’interdiction de toucher à ma chaîne stéréo achetée avec mes premiers salaires, ou encore mes parents, qui avaient tout laissé en Algérie en 1962 avant de rentrer en bateau, eux ! Mes premiers vinyles, la Renault 30 de mon frère André avec sa moustache… autant de souvenirs ravivés avec émotion. Et même le rabbin ,vient prolonger ce lien intime entre le film et ma propre mémoire. C'était presque une chronique de ma famille. Tout comme le film Hors Normes qui m’avait touché de très près avec la merveilleuse histoire de Stéphane Benhamou

Un film qui, au-delà de son histoire, agit comme une véritable machine à remonter le temps. Sur le groupe WhatsApp de ma famille, ce film nous fait vivre une nostalgie joyeuse. C'est nous comme l'écrit une de mes nièces, en référence à cette famille Dayan aimante et bienveillante.

J'aime ce cinéma humain, humaniste et drôle. Merci pour la mise en scène à Olivier Nakache et Eric Toledano pour ces très jolis films

Affiche, bande annonce et photos du film proviennent du site cineart.be .

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