Juste une illusion une quasi histoire familiale

Nous sommes en 1985. Vincent, bientôt 13 ans, grandit en banlieue parisienne au sein d’une famille juive sépharade de classe moyenne. Entre un grand frère distant et des parents en conflit permanent, il traverse cet âge fragile où l’on n’est « déjà plus » un enfant sans être « encore » un adulte. À travers lui, le film explore avec finesse les questions d’identité, d’amitié, de famille, de religion, de désir et des premiers élans amoureux.

Impossible pour moi de rester indifférent à ce film, tant il résonne avec ma propre histoire. J’y ai retrouvé des fragments très personnels : la vie en cité en région parisienne, à Saint-Denis, le partage d’une chambre avec mon frère André (paix à son âme), mes premiers vêtements « de marque », l’interdiction de toucher à ma chaîne stéréo achetée avec mes premiers salaires, ou encore mes parents, qui avaient tout laissé en Algérie en 1962 avant de rentrer en bateau, eux ! Mes premiers vinyles, mon frère André, sa moustache et sa Renault 30… autant de souvenirs ravivés avec émotion. Et même le rabbin vient prolonger ce lien intime entre le film et ma propre mémoire. Par moments, j’avais presque l’impression de regarder une chronique de ma propre famille. Un sentiment que j’avais déjà éprouvé devant Hors Normes, pour une raison très personnelle : Stéphane Benhamou, dont l’histoire a inspiré le personnage interprété par Vincent Cassel, est un véritable ami de ma famille.

Dès le générique, le ton est donné : Just an Illusion du groupe Imagination nous replonge instantanément dans les années 80. En quelques notes, le spectateur est transporté quarante ans en arrière.

Tout au long du film, le souci du détail est remarquable. Rien n’est laissé au hasard : les logos, le bus vert 171 de la RATP, la Renault 30, les vêtements, les coiffures, le style des personnages, mais aussi des références comme « La Valise RTL », NRJ, SOS Racisme ou encore François Mitterrand. Chaque élément contribue à recréer une époque avec une précision impressionnante, sans jamais donner l’impression d’un décor approximatif. Nous sommes bien dans les années 80.

Juste une illusion une quasi histoire familiale

Un film qui, au-delà de son histoire, agit comme une véritable machine à remonter le temps.

Sur le groupe WhatsApp de ma famille, le film a réveillé une nostalgie joyeuse. L'une de mes nièces a simplement écrit : « C'est nous. »

Je crois qu'elle avait tout résumé.


Mise en scène : Olivier Nakache et Eric Toledano
Acteurs principaux :
Simon Boublil
Alexis Rosensthiel
Camille Cottin
Louis Garrel
Pierre Lottin

Affiche, bande annonce et photos du film proviennent du site cineart.be .

Les autres films que j'ai vus
Rue Malaga

Vous l'avez manqué au cinéma, recherchez la plateforme VOD qui propose ce film sur JUSTWATCH

Previous Post Next Post