Plus fort que moi - I swear - LE FILM

Dans les années 1980, un jeune homme issu d’une famille écossaise semble promis à un avenir tracé dans le monde du football. Tout paraît écrit d’avance, jusqu’au moment où le destin s’en mêle.

Peu à peu, il découvre qu’il est atteint du syndrome de Gilles de la Tourette, cette « putain de maladie », encore largement méconnue du grand public à cette époque. Le diagnostic bouleverse son existence.

Son entrée au collège marque le début d’une descente aux enfers. Incompris par ses enseignants, marginalisé par ses camarades et jusque dans son entourage, John s’isole peu à peu. Chaque interaction sociale peut devenir une épreuve. Puis, presque par hasard, une rencontre change le cours de son histoire. Un camarade de lycée l’invite à déjeuner. À travers ce geste simple s’ouvre une nouvelle perspective.

Plus fort que moi - I swear - LE FILM

Dottie, la mère de cet ami, joue alors un rôle déterminant. Sa bienveillance, son écoute et son humanité offrent enfin à John un espace où il peut être lui-même sans être constamment ramené à son syndrome. Dès leur première rencontre, Dottie ne regarde pas John comme un garçon « dérangé ». Elle l’inclut d’emblée dans le cercle familial, discute avec lui et, surtout, ne porte sur lui aucun regard apitoyé. John est simplement là, avec les autres, et elle l’accueille tel qu’il est, sans chercher à le juger ni à expliquer ses comportements. 

Copyright Photo Graeme Hunter/Tandem

Cette histoire est inspirée de la vie de John Davidson, atteint du syndrome de Gilles de la Tourette, diagnostiqué à l’adolescence dans les années 1980. Son quotidien avait déjà été montré dans un célèbre documentaire de la BBC diffusé en 1989, John’s Not Mad. Devenu par la suite un militant engagé dans la sensibilisation au syndrome de Tourette, John Davidson a été nommé membre de l'ordre de l'Empire britannique (MBE) par la reine Elizabeth II, un événement que le film met également en scène.

Mais, tout au long du film, une autre question se pose : quel regard portons-nous sur une personne dont les comportements échappent aux codes sociaux habituels ? Et cette question concerne aussi le spectateur.

Le film n’élude rien de la réalité du syndrome : les tics et les paroles incontrôlées, parfois vulgaires, peuvent provoquer le rire comme le malaise.

Lors de la séance à laquelle j’assistais, j’ai été dérangé par une spectatrice qui s’esclaffait à chaque mot cru prononcé par John. Bien sûr, certaines situations peuvent faire rire et le film lui-même joue parfois avec cet humour. Mais ce rire systématique me mettait mal à l’aise, car derrière ces mots parfois très crus, on percevait aussi la souffrance de celui qui les prononçait malgré lui.

Cette réaction dans la salle m’a finalement ramené à l’une des questions essentielles du film : rit-on avec John ou rit-on de lui ? La différence est considérable.

L’interprétation de Robert Aramayo est d’une crédibilité étonnante. L’acteur, qui n’est pas lui-même atteint du syndrome de Tourette, s’est longuement préparé au rôle. Il a passé beaucoup de temps avec John Davidson, l’accompagnant dans sa vie quotidienne et dans différentes activités.

Aramayo expliquait qu’il ne cherchait justement pas à imiter Davidson, mais à comprendre sa personnalité et son énergie : « Je ne voulais pas me faire passer pour lui, mais capter son énergie. »

C’est probablement ce qui rend son interprétation aussi juste : derrière les tics et les mots incontrôlés, il ne joue jamais « un syndrome ». Il joue un homme.

Et cet homme est intelligent, sensible, drôle, volontaire, travailleur. Mais il souffre aussi. Il doit vivre au quotidien avec des manifestations qu’il ne choisit pas et qu’il ne peut pas simplement décider d’arrêter. Pourtant, il essaie, avance, apprend à vivre avec son syndrome et à trouver sa place.

C’est peut-être ce qui m’a le plus touché dans le film : voir cet homme essayer de s’en sortir sans que le film cherche à en faire un héros.

On vit certaines situations avec lui, on est peiné pour lui, on compatit.

Et parfois, on rit. Seulement parfois.

Titre original : I Swear Titre français : Plus fort que moi

Réalisateur et scénariste : Kirk Jones
Acteurs Principaux
Robert Aramayo
Peter Mullan  
Maxine Peake

L'affiche du film , l'image du film, et la bande annonce proviennent du site de TANDEM FILMS. Le logo de What's Up Doc provient de leur site

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