Dans les années 1980, un jeune homme issu d’une famille écossaise semble promis à un avenir tracé dans le monde du football. Tout paraît écrit d’avance, jusqu’au moment où le destin s’en mêle. Peu à peu, il découvre qu’il est atteint du syndrome de Gilles de la Tourette, Putain de maladie, une affection encore largement méconnue du grand public à cette époque. Ce diagnostic, d’abord incompris, bouleverse son existence.
Son entrée au collège marque le début d’une descente aux enfers. Rejeté par ses proches, incompris par ses enseignants, marginalisé par ses camarades, il se heurte à une société incapable d’accueillir la différence. L’isolement devient son quotidien, et chaque interaction sociale se transforme en épreuve. Puis, presque par hasard, une rencontre change le cours de son histoire. Un camarade de lycée l’invite à déjeuner, et à travers ce geste simple s’ouvre une nouvelle perspective. La mère de cet ami joue un rôle déterminant : bienveillance, écoute et humanité viennent peu à peu réparer ce que l’exclusion avait brisé. Cette relation s’avère décisive pour la suite de sa vie. Le film n’élude rien de la réalité du syndrome : les tics, les paroles incontrôlées, parfois vulgaires, oscillent entre comique et malaise. Dans la salle, certains rires fusent, parfois de manière déplacée. Une spectatrice s’esclaffe à chaque mot cru, révélant malgré elle l’incompréhension persistante face à ce trouble. Car au-delà de l’anecdote, ces manifestations traduisent surtout la difficulté d’intégration dans une société peu préparée à accepter le trouble psychique.
L’interprétation de Robert Aramayo, l’acteur principal impressionne par sa justesse : à tel point qu’on pourrait croire qu’il est lui-même atteint du syndrome. Le personnage de la mère, interprété par Maxine Peak, quant à lui, s’impose comme un pilier essentiel du récit, apportant une profondeur émotionnelle indéniable.
Copyright Photo Graeme Hunter/Tandem
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LA CRITIQUE DU FILM
vue par Guillaume de la Chapelle, Psychiatre