Certaines chansons nous rendent heureux sans que l'on sache vraiment pourquoi. Sunny est de celles-là.

Sunny fait partie de ces œuvres rares que l'on reconnaît dès les premières notes.. Dès que résonnent ces deux syllabes – Sun... ny... –, la joie n'est jamais bien loin. Un sourire se dessine presque malgré soi, le pied commence à battre la mesure et l'on se surprend à accompagner cette mélodie devenue familière.

Pourtant, rien ne destinait Sunny à devenir un hymne aussi solaire.

« Sunny » : lorsque deux syllabes se transforment en une mélodie universelle

Lorsque Bobby Hebb compose cette chanson, il traverse l'une des périodes les plus sombres de son existence. En novembre 1963, l'Amérique est sous le choc après l'assassinat du président John Fitzgerald Kennedy. Le lendemain, un nouveau drame frappe le jeune musicien : son frère Harold est poignardé à mort à Nashville.

Source Photo Primary Wave Music

On pourrait imaginer une chanson empreinte de colère ou de désespoir. Bobby Hebb choisit exactement l'inverse. Plus tard, il expliquera qu'il voulait simplement penser à des jours meilleurs. Cette confidence éclaire toute la chanson : Sunny n'est pas une œuvre née du bonheur, mais une œuvre qui le fait naître chez ceux qui l'écoutent.

« Sunny » : lorsque deux syllabes se transforment en une mélodie universelle

C'est précisément ce qui me fascine. Il existe très peu de mélodies capables de produire un tel effet. Dès les premières notes, elles semblent repousser les nuages et ouvrir une parenthèse lumineuse. Sunny fait partie de ces chansons qui procurent un véritable bonheur auditif. Sortie en 1966, la chanson connaît un succès immédiat. Elle propulse Bobby Hebb sur les plus grandes scènes, jusqu'à partager une tournée avec les Beatles.

Ce qui me captive le plus dans Sunny, c'est sa construction. La chanson ne possède pas de véritable refrain. Elle avance crescendo, la seule cassure est provoqué par ce doux Su... nny.
Chaque fois que Bobby Hebb prononce le prénom « Sunny », l'orchestration s'enrichit, les arrangements prennent de l'ampleur, les cuivres répondent aux cordes et la musique semble s'élever un peu plus haut. À chaque « Sunny », une nouvelle couleur apparaît, comme si la chanson se réinventait en permanence.

Peu de compositions possèdent une architecture aussi simple en apparence et pourtant aussi sophistiquée. C'est probablement ce qui explique qu'elle ait traversé les générations sans jamais perdre de sa fraîcheur. Depuis près de soixante ans, Sunny n'a cessé d'être réinventée. Des centaines d'artistes, venus de la soul, du jazz, de la pop, de la bossa nova, du funk, du disco ou encore du rhythm and blues, s'en sont emparés. Chacun y a apporté sa sensibilité.
Deux albums entiers ont même été consacrés aux plus célèbres interprétations de cette chanson devenue universelle. Écouter Sunny aujourd'hui, ce n'est pas seulement retrouver un classique des années soixante. C'est constater qu'une grande mélodie peut traverser les frontières, les langues, les styles musicaux et les générations sans perdre une once de son pouvoir émotionnel et mélodique.

Je serais bien incapable de vous présenter les centaines de versions existantes. En revanche, je vous propose une petite sélection très personnelle, celle qui accompagne mes souvenirs, mes découvertes et mes émotions musicales.

Ma Play List Sunny

La version originale – Bobby Hebb

La version soul – Marvin Gaye

La version qui a bercé ma jeunesse – Johnny Rivers

La surprise disco – Boney M.

La version orchestrale – Royal Philharmonic Orchestra

Et parce que Sunny est une chanson qui appartient désormais à tous, je vous laisse le plaisir de poursuivre l'exploration. Cherchez les versions d'Ella Fitzgerald, Wes Montgomery, , Oscar Peterson, , Frank Sinatra, James Brown, Stevie Wonder, Booker T. & the M.G.'s, George Benson ou encore Christophe Willem

Je suis prêt à parier que vous trouverez, vous aussi, votre Sunny.

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