Les Trois Adieux le film d'Isabel Coixet

Le film commence par une voix off féminine qui décrit avec poésie la mécanique du vol des étourneaux. Elle vient contredire certaines idées reçues sur leurs mouvements, qui paraissent parfaitement coordonnés alors qu’ils obéissent à des mécanismes beaucoup plus complexes.
Cette ouverture, presque mystérieuse, prendra peu à peu tout son sens.

Les Trois Adieux le film d'Isabel Coixet

Puis nous retrouvons Marta et Antonio. Ils rentrent chez eux après un cocktail professionnel auquel ils viennent d’assister. Antonio est cuisinier à Rome, où son restaurant connaît une belle ascension.


Une discussion s’engage entre eux. Elle se transforme en une dispute qui semble, au départ, sans grande importance. Pourtant, elle va conduire à leur séparation. Un détail dit peut-être mieux que tout le reste ce qui est en train de se briser : Antonio refuse de raconter une blague à Marta. Ces blagues faisaient partie de leur histoire, de cette complicité qui cimentait leur couple. Soudain, elles n’ont plus leur place.

Les Trois Adieux le film d'Isabel Coixet

Marta se réfugie alors dans sa tristesse. Elle tente de s’inventer une nouvelle vie, mais perd l’appétit. Et son corps commence à lui parler.

La séparation agit comme le déclencheur de ce dialogue avec elle-même. D’abord, Marta semble ne pas vouloir entendre ce que son corps lui dit. Puis, peu à peu, elle l’écoute. Et lorsqu’elle comprend enfin, quelque chose de presque paradoxal se produit : elle reprend goût à la nourriture, ressent la musique comme jamais auparavant et recommence à vivre, avec une énergie nouvelle et sans peur apparente.

C’est sans doute là que le film devient le plus beau : au moment où tout pourrait basculer dans la tristesse, Marta choisit la vie.

Les rencontres successives avec sa sœur sont des bouffées d’air frais, pour nous, spectateurs. Cette sœur incarne parfaitement un personnage plus ou moins décalé, et un peu « à côté de la plaque », qui pourrait tout droit sortir d’un film espagnol. Le film est italien, mais la mise en scène est espagnole. Le rapprochement est amusant, même si cet aspect reste finalement anecdotique.

Les Trois Adieux le film d'Isabel Coixet

Car celle qui nous transporte pendant tout le film, c’est Marta.

Les Trois Adieux le film d'Isabel Coixet

Nous la voyons passer d’une tristesse subie à une véritable bataille pour la vie. Et cette bataille ne la conduit pas à se replier sur elle-même. Marta reste attentive aux autres, à ses élèves comme à ce professeur de philosophie, son collègue, auquel elle apporte elle aussi quelque chose.

Plus elle est confrontée à elle-même, plus elle semble attentive à ceux qui l’entourent.

Et puis il y a Rome. La ville accompagne Marta tout au long de son parcours, sans jamais lui voler la vedette. Ses rues, ses places, ses cafés, sa lumière sont là, autour d’elle, comme une présence familière. Rome vit pendant que Marta tente de retrouver le goût de vivre. La ville n’est pas le sujet du film, mais elle lui offre un magnifique écrin.

La grande force de Trois Adieux est de ne jamais tomber dans le pathos. Le film aurait facilement pu chercher les larmes. Il choisit au contraire la pudeur, l’humour, la musique et parfois même une certaine légèreté. Quelques scènes remontent le temps et viennent éclairer autrement ce que nous avons vu, sans jamais appuyer inutilement l’émotion.

Et puis il y a Marta, formidablement incarnée, qui porte le film de bout en bout.

Trois Adieux est un film sublime par son sujet, par son actrice et par sa mise en scène. Mais surtout, malgré ce qu’il raconte, on en ressort étrangement revigoré. Parce qu’au-delà de la séparation, de la maladie et de la peur, c’est une incroyable force de vie et d’amour qui déborde de partout.

Si on me demande si j’ai aimé, je réponds simplement : OUI.

Trois Adieux
Film d’Isabel Coixet
Rencontre avec la scénariste et réalisatrice espagnole Isabel Coixet pour son film TROIS ADIEUX Interview réalisée à l'occasion de la présentation du film en avant-première lors du Festival Sœurs Jumelles de Rochefort en juin 2026

Casting : Alba Rohrwacher, Elio Germano, Francesco Carril

Une petite parenthèse amusante, pendant le film à plusieurs reprises je n'ai pu m'empêcher de penser à la chanson de Nicole Croisille dans laquelle elle chante "Tu étais gai come un italien quand il sait qu'il aura de l'amour et du vin"

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Les photos du film proviennent du site NOUR DISTRIBUTION
Photos © Greta De Lazzaris / Nour FilmsPhotos

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