Si tu penses bien Film de Géraldine Nakache

Une bague, des boucles d’oreilles, un collier sont déposés dans une soucoupe, dans une salle de bains. On comprend qu’une femme est en train de se laver. Une fois sa toilette terminée, elle s’enveloppe dans une serviette et appuie sur un gros bouton portant le numéro 7 pour signaler qu’elle est prête. Une femme vient alors la chercher et la conduit vers une sorte de piscine intérieure : elle va accomplir le rituel du mikvé*.

Ce sont les premières images de Si tu penses bien.

Dans la tradition juive, le nombre 7 possède une symbolique particulièrement forte. Il est généralement associé à l’accomplissement, à la complétude et à l’achèvement d’un cycle. Tout au long du film, le récit est d’ailleurs ponctué de références et de symboles hébraïques qui accompagnent le passage d’un moment de l’histoire à un autre. Difficile, dès lors, d’imaginer que ce 7 apparaissant dès la première scène ait été choisi par hasard.

Gil traverse une période douloureuse lorsqu’elle part à Dubaï pour tenter de se changer les idées après la mort de sa cousine. C’est là qu’elle rencontre Jacques, un homme juif très pratiquant, très beau, lui aussi marqué par un deuil récent, celui de son frère. Entre eux, tout va très vite.
C’est le coup de foudre. Gil tombe enceinte et, encouragée par Jacques, décide de garder l’enfant.

Si tu penses bien Film de Géraldine Nakache

©Liaison Cinématographique – Pan Cinema - Artémis Productions – Les Productions du Ch’timi 

Le couple se marie religieusement à Dubaï, en présence de quatre témoins. La veille du mariage, le rabbin regarde Gil et lui dit : « Si tu penses bien, il ne t’arrivera que du bien ! » Une phrase qui donne évidemment son titre au film, mais dont la signification va prendre une tout autre dimension au fil de l’histoire.

Après la naissance de leur fille Thaïs, la famille s’installe à Fontainebleau, dans une grande maison isolée, sans voisins, qui semble offrir le cadre idéal à cette nouvelle vie.

Mais Gil découvre progressivement un quotidien très différent de celui qu’elle connaissait. Croyante mais jusque-là peu pratiquante, elle accepte de suivre Jacques dans une pratique beaucoup plus rigoureuse du judaïsme. Elle en respecte les règles et les rites, notamment celui du mikvé, et abandonne son travail pour se consacrer entièrement à leur fille.

Le film débute dans un rythme doux, presque tranquille, sans que l’on sache vraiment où Géraldine Nakache veut nous emmener. Mais lorsque Gil décide de reprendre son travail, les premiers signes d’un déséquilibre apparaissent. on se redresse alors dans son fauteuil et, à partir de cet instant, on ne quitte plus Gil, Jacques et Thaïs.

Jacques se révèle progressivement sous des visages contradictoires. Il peut être follement amoureux, attentionné et bienveillant, puis devenir accusateur, culpabilisateur, colérique ou boudeur.

Et Jacques est terriblement séduisant. C’est sans doute ce qui rend le personnage et la relation plus troublants encore.

Si tu penses bien Film de Géraldine Nakache

©Liaison Cinématographique – Pan Cinema - Artémis Productions – Les Productions du Ch’timi 

Jacques semble lui aussi avoir la faiblesse de « penser bien » : il est persuadé que la religion, ses règles et le cadre qu’il impose apporteront bonheur et sécurité à sa famille. Ce n’est pourtant pas la religion que le film semble mettre en accusation, mais plutôt ce que Jacques en fait.

La mère de Gil, incarnée par Clémentine Célarié, pressent que quelque chose ne va pas dans le couple. Elle observe, s’inquiète, mais respecte d’abord les choix de sa fille et n’intervient pas directement dans sa vie. Sa présence, notamment autour de la naissance de Thaïs, apporte pourtant un regard extérieur précieux sur cette famille qui se referme progressivement sur elle-même.


Et nous, spectateurs, nous nous laissons happer, pour notre plus grand plaisir.

* Mikvé
Le mikvé est un bain rituel de la tradition juive. Dans le cadre des lois de pureté familiale, la femme s’y immerge entièrement après la période des règles et avant la reprise des relations conjugales.

Si tu penses bien
Réalisation : Géraldine Nakache
Scénario : Géraldine Nakache & David Lamber
Avec Monia Chokri,  Niels Schneider , Clémentine Célarié

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